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GUERANDE - MARAIS SALANTS - BATZ-SUR-MER 

Une journée salée !

 

Nous vous proposons une journée en 3 étapes : un départ depuis la célébre forteresse du sel à Géurande, une balade dans les Marais Salants et une arrivée à la petite cité de caractère, Batz-Sur-Mer. Cette journée autour du sel, nous l'aborderons comme toujours, sous l'angle médiéval pour vous plonger à une autre époque. Alors préparez vos papilles, nous vous plongeons dans le sel de Bretagne, on vous explique tout !

Guérande

Voici un incontournable pour les amateurs d'histoire médiévale ! La cité forteresse de Guérande revêt une importance de premier plan dans le Duché de Bretagne, son dispositif défensif est un témoignage de son passé illustre. Il faut dire que la richesse que renferme Guérande était un produit de première nécessité au Moyen-âge, le sel. Si aujourd'hui, c'est une denrée assez bon marché (autour d'un euro le kilo), à l'époque des Ducs, il en est tout autrement. Le sel coûte cher, tellement cher que l'on peut s'en servir de monnaie.

Il agit comme rehausseur de goût, de produit indispensable à l'équilibre alimentaire de l'Homme, comme aujourd'hui, mais il est surtout indispensable à la conservation de la viande et du poisson.

 

Rapidement, le petit bourg primitif qui glorifiait St Aubin, le Saint qui a sauvé ces habitants des vikings, se développe et devient riche, immensément riche au Moyen-âge ! La petite église de St Aubin ne cesse de s'agrandir, et la porte défensive vannetaise (au Nord) ouvre un chantier de 200 ans pour ceinturer la ville de murailles. Elle sera totalement terminé au 14ème siècle. Le dispositif est impressionnant avec 1434 mètres de remparts de granit (pour vous donnez un ordre d'idée, l'enceinte intérieure de Carcassonne mesure 1250m). Doté de douves en eau sur la totalité du cercle (aujourd'hui seulement la moitié), de mâchicoulis, de quatre portes protégées et de 11 tours, il fallait lever une armée digne d'un Roi pour tenter un assaut. L'arsenal pour défendre les réserves et le commerces de sel est digne des plus grands châteaux de France.

 

Guérande ne connu pas de seigneur à proprement parler, le Comte de Nantes a toujours placé un homme de confiance à sa tête, puis le Duc de Bretagne prendre directement le contrôle, dès le 12ème siècle. Cette place forte indispensable à la vie du Duché verra un homme de confiance du Duc exercer la justice et le pouvoir sur ce territoire.

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A l'époque, une autre zone de marais salants est plus importante encore, celle de la Baie de Bourgneuf, que l'on appelait la Baie de Bretagne. Plus au Sud, sa forteresse était à Machecoul, où le seigneur de Retz régnait en maître ! C'est une autre histoire que l'on vous racontera plus tard, aujourd'hui, les marais ont disparu et Guérande règne sur la fleur de sel ! 

Pour manger, nous avons aimé "les Remp'arts" en dehors de la ville close. Le décor est sympa et les plats cuisinés avec de bons produits. Pour le dessert ou le plaisir, huuuummm la fraiseraie (le glacier de Pornic) est présente sur la place de l'église. Les amateurs de fruits de mer iront plutôt à Batz-sur-Mer ou Le Croisic. On a eu un coup de cœur la crêperie "fleur de sel" à Kervalet (Batz-sur-Mer) dans cette maison si agréable ! et comme nous sommes un bec sucré, la terrasse sous ce magnifique tilleul du "Goût'Thé" à Guérande est un lieu idéal pour une pause dans votre journée salée. 

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Le Croisic est le port d'expédition du sel vers l'Espagne, l'Angleterre et les Flandres.  

 

Autour de Guérande, on produit du grain (avoine, blé, orge) malgré le manque de fertilité des sols, la forteresse regroupe les greniers à sel et le marché du sel.

 

La forteresse occupe un site de surveillance idéal (avant que les nouvelles habitations ne soient construites, on dominait le panorama de la presqu'île depuis les remparts) et de défense.  

 

Batz est la résidence des paludiers

 

La Baule n'est que dunes, jusqu'à 55m de haut 

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Les Marais Salants

On commence, une fois n'est pas coutume, par un petit coup de gueule. Nous aurions aimé vous proposer une belle balade dans ce lieu fantastique et tellement hors du temps, que sont les marais salants, malheureusement aucune officielle n'existe... La voiture est reine et ça roule vite, alors soyez prudents lors de vos stoppes photos. 

Si vous souhaitez tout connaître du métier de paludier, on vous recommande Terre de Sel qui, eux, sont en capacité de vous faire découvrir à pied les marais. Allez sur leur site, ils proposent un large choix de balades et leurs produits

https://www.terredesel.com

Comme on est têtu, on vous propose un arrêt pour une petite balade en vous stationnant au niveau de la saline des Donnes (non loin du site de Terre de Sel). Attention à ne pas gêner l'accès, vous êtes sur des chemins d'exploitation et d'ici vous pourrez aller à pied jusqu'à la digue. Elle est la clé de voûte du dispositif des marais salants : elle fait 20 km, construite au 18ème siècle sur les bases de l'ancienne digue médiévale. Son rôle est très important puisqu'elle stoppe la mer, qui est alors canalisée et maîtrisée pour entrer dans les marais salants. 

Le traict du Croisic (bras de mer qui investit la terre à chaque marée) est propice à la culture du sel. Les 2000 hectares se remplissent de mer à chaque marée, au paludier grâce à son savoir faire et à l'entretien qu'il accorde à son réseau hydraulique, d'en garder l'or blanc.

Les œillets sont le dernier bassin où arrive la mer. C'est ici que s'effectue la récolte du sel (au contact du sol) et de la fleur de sel (en surface). L'entretien des salines nécessite un soin constant, de détails et saisonniers mais aussi exceptionnel, à la moindre tempête, les digues de protection peuvent être endommagées.  

Ce paysage millénaire a failli disparaître dans les années 60. A l'époque le sel n'est plus rentable, les exploitants sont vieillissants et ne trouvent pas de remplaçants, les œillets sont alors abandonnés, le réseau hydraulique se dégrade. Au contraire, la Baule est en plein développement, le tourisme de masse a le vent en poupe. Les pouvoirs publics ont alors l'idée de créer une marina avec une quatre voies pour mieux desservir la zone, les marais sont alors condamnés. Il a fallu une mobilisation sociale et politique (que l'on a appelé la révolution des œillets) pour s'opposer à ce projet fou !

Il a fallu 20 ans, et une poignée de paludiers prêts à reprendre le flambeau avec l'aide des anciens, pour remettre en état et faire de la production de sel, une activité rentable (coopérative agricole, label rouge, diversification de l'offre).

Désormais, 300 paludiers exploitent les 12000 œillets qui chaque année donnent 8 à 12000 tonnes de gros sel et 2 à 300 tonnes de fleur de sel. Les années à fort ensoleillement (2003), les paludiers peuvent produire jusqu'à 20000 tonnes de sel. 

La cité de Guérande accueille 1.5 millions de visiteurs chaque année, la pression sur la presqu'île est donc forte, et la circulation dans les marais parfois chaotique. 

 

Batz-Sur-Mer

Pour terminer votre journée salée et peut être assister au coucher de soleil sur les marais salants, rien de mieux que de se poser un peu à Batz (peut être à la plage St Michel !). La petite cité de caractère est en fait le rassemblement de quatre villages : Kervalet, Kermoison, Roffiat et Trégaté.

 

Au Moyen-âge, les paludiers vivaient dans ses quatre villages au bord des marais. Aujourd'hui ces villages ont traversé le temps et notamment à Kervalet et Trégaté où vous vous sentirez à une autre époque, celle d'un moyen-âge où le sel était au centre de tout !

Vous pourrez vous balader dans le hameau de Kervalet, l'un des plus beaux villages de paludiers du coin, construit sur un rocher émergent des marais salants.  

Ce village est ordonné autour de trois rues qui existaient déjà au 10ème siècle. 

Des maisons tassées pour occuper au maximum le petit bout de rocher, avec des venelles étroites et peu de fenêtres pour se protéger du vent, Kervalet, évoque le monde clos des paludiers.

On trouve des maisons typiques de granit et de chaux, ornées de lucarnes aux frontons triangulaires pour les plus anciennes ou semi-circulaires pour plus récentes. Des lucarnes qui autrefois, permettaient aux paludiers de rentrer les fourrages, et de stocker les provisions de grains pour l'hiver.

 

Ici tout le village est tourné vers la production du sel. 

La condition de paludiers n'était pas très brillante, largement soumis aux aléas climatiques, le cours du sel, le coût des travaux d'entretien, et la rémunération des nobles propriétaires.

Une vraie immersion pour conclure cette journée !

Vous pouvez maintenant grimper en haut du clocher, à 70m, d'où le panorama est magnifique sur les marais salants. 

Bonne visite salée !

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